Franck Ducolombier : «Le tourisme pour tous signifie que notre équipement est accessible à tous les publics »

Dans le cadre du dispositif d’aides aux équipements touristiques à vocation sociale, l’Agence apprécie les orientations et les actions menées par l’équipement en faveur des publics à revenu modeste, en situation sociale difficile ou en situation de handicap. 
Elle étudie notamment l’accompagnement de ces publics réalisé par les gestionnaires des équipements. C’est le cas du Domaine de Chantesse, situé à Saint Donat, dans la Drôme, soutenu par l’Agence en 2013, à hauteur de 66 900 €. Géré par l’association « L’entrée des artistes », qui défend « un tourisme pour tous, durable et solidaire », le Domaine reçoit tout au long de l’année des particuliers en vacances mais aussi des publics plus fragiles (des jeunes en insertion, des familles en difficulté et des personnes en situation de handicap).

Pour Marion Mallet, chargée de mission financement du patrimoine du tourisme social, « l’Agence a particulièrement apprécié l’implication de l’association dans l’accompagnement des publics en difficulté sur le lieu de séjour. Deux chargées d’insertion sociale sont notamment disponibles toute l’année pour répondre aux besoins spécifiques de ces publics pendant leurs vacances. ». 

Eclairage avec Franck Ducolombier, directeur de l’association.

Que signifie pour vous « un tourisme pour tous, durable et solidaire » ? Comment le mettez-vous en pratique au quotidien ?

FD - « Le tourisme pour tous signifie simplement que notre équipement est accessible à tous les publics durant toute l’année. Nous sommes par exemple détenteur du label H+, délivré par la région Rhône-Alpes, qui garantit un accueil de qualité et un accompagnement adapté pour les personnes en situation de handicap. Nos animateurs bénéficient ainsi de modules de formation visant à adapter les activités et services au public en situation de handicap. » 

Quels publics en difficulté accueillez-vous ?

FD - « En plus des touristes classiques, nous accueillons également des publics plus fragiles : de jeunes adultes en cours d’insertion, des mères de famille isolées ou en difficulté, avec leurs enfants, des personnes en situation de handicap. Ces publics sont suivis pendant le séjour par nos chargés d’insertion. » 

Avec quel type de structure travaillez-vous ?

FD – « Nous sommes en relation avec des centres sociaux, des centres communaux d’action sociale (CCAS), des foyers d’hébergement, des Instituts médico-éducatifs (IME), mais aussi des associations spécialisées comme les Adapei (Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales) ou l’Apajh (Association pour les adultes et jeunes handicapés). »

Quel est pour vous le rôle de l’accompagnement des publics en difficulté ?

FD – « Nous adaptons toujours, et dans la mesure du possible, les activités de nos séjours aux publics fragiles, plutôt que de leur proposer des activités spécifiques ou en dehors de la programmation des autres vacanciers. Pour moi, l’insertion doit se faire dans la normalité. Par exemple, nous proposons aux mères de famille isolées, qui viennent des centres sociaux et qui sont souvent d’origine étrangère, une activité « cuisine du monde ». C’est un atelier de valorisation de ces publics, d’échange interculturel et de création de lien social autour des plats préparées par chacune d’entre elles. Si les mères sont avec des enfants, ceux-ci sont associés à l’atelier. Nous proposons aussi une activité chant, adaptée à des groupes de jeunes des quartiers ayant parfois des difficultés de lecture. Nous développons également une activité avec une thérapeute travaillant avec des lamas. Le lama est un animal très disposé à entrer en contact avec les personnes. Cet atelier convient bien aux personnes en situation de handicap»

Comment le mettez-vous en œuvre sur le terrain, en amont (préparation des séjours), sur place (les activités, les ateliers…), après le séjour (bilan…) ?

FD – « Pour moi, l’accompagnement comporte plusieurs phases. Il commence bien avant le séjour : nous prenons le temps d’échanger avec le porteur de projet lors d’une rencontre organisée au Domaine de Chantesse. C’est un moment important qui permet d’aborder le contenu du séjour et de lever les freins au départ. Nous sommes là pour conseiller le porteur de projet et adapter le séjour en fonction des besoins des publics. Ensuite, le jour de l’arrivée, le groupe est accueilli par la responsable tourisme. Durant le séjour, nous assurons un accompagnement et un suivi très discret pour adapter par exemple les régimes alimentaires, les activités, les trajets, les excursions… et coller au plus près des besoins des publics fragiles. Enfin, la dernière phase de l’accompagnement, c’est le bilan sur le déroulement du séjour».

Comment vos salariés s’impliquent-ils auprès de ces publics ?

FD – « Nos salariés sont toujours sensibilisés avant l’accueil d’un groupe, ils s’impliquent dès le début du séjour auprès des publics. Nous avons mis en place un partage de l’information sur la spécificité des publics accueillis. Ils bénéficient également de modules de formation sur le handicap… »

 

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