L'accompagnement des vacances, un enjeu crucial

Dans le cadre de ses programmes d'action sociale,  l'ANCV valorise le travail réalisé par les bénévoles et travailleurs sociaux auprès des candidats au départ en vacances. Le rôle fondamental de l'accompagnement social se décline en différentes phases : avant, pendant et après. Retour sur les étapes clés puis éclairages et exemples avec le réseau Passerelles, les Apprentis d'Auteuil et l'équipement touristique « Le Domaine de Chantesse ».

Les vacances sont un véritable levier d ’insertion sociale pour les personnes en difficulté. Elles permettent de rebondir et de prendre un nouvel élan dans la vie. Elles font aussi appel au plaisir, trop souvent absent des mesures d’insertion. 
L’action sociale de l’ANCV à travers ses programmes d’aides à la personne s’inscrit dans cette dynamique. Elle bénéficie à des populations qui ne sont jamais ou peu parties en vacances pour des raisons financières, ou parce que non acculturées au concept des vacances et des loisirs. L’accompagnement social aux vacances, né dans les années 90, s’adresse à ces personnes. Elles ont besoin d’un accompagnement spécifique avant, pendant et après le séjour de rupture.

La phase de préparation, une étape clef

La phase de préparation court sur une durée de trois à six mois avant le séjour, elle peut se dérouler de façon individuelle ou collective, en fonction des souhaits de la famille et des principes d’intervention de chaque partenaire. 
Cette préparation consiste principalement à lever les freins au départ en vacances. En effet, pour les publics ciblés (familles monoparentales, jeunes adultes, personnes âgées et en situation de handicap), ils sont principalement financier et culturel. L’accompagnement du séjour en amont est essentiel car il permet de lever ces freins et de favoriser le départ en vacances des participants dans les meilleures conditions. Les travailleurs sociaux et les bénévoles jouent un rôle essentiel dans la mise en place et le suivi de cet accompagnement.

Premier objectif : lever le frein financier

Pour les familles en situation de précarité, le droit aux vacances est difficile à faire valoir : parce qu’elles ne travaillent pas, parce qu’elles touchent le revenu de solidarité active (RSA), ces personnes pensent qu’elles n’ont pas le droit de partir en vacances. Il en est de même pour les adultes confrontés au chômage, les mères de familles isolées ou encore les travailleurs pauvres ou les jeunes salariés précaires dont le niveau de rémunération explique que cette classe d’âge dispose des budgets les plus serrés du marché. Les personnes isolées en grande exclusion, vivant dans la rue et de la rue, et les personnes en situation de handicap ou malades travailleurs handicapés ou pas, disposent également de faibles revenus, freinant le départ en vacances. 
Ces publics, en fonction de leur âge ou de leur parcours, sortent du schéma qui mène aux vacances. Pour autant, ces personnes ne se sentent pas différentes des autres et aspirent elles aussi à vouloir faire comme tout monde. Les difficultés financières qu’elles rencontrent aliènent leur désir de vacances et elles s’excluent elles-mêmes de ce temps de répit auquel elles pensent ne pas pouvoir accéder. Accompagner, c’est lever pour partie les freins financiers auxquels ces personnes sont confrontées : tout le monde a le droit aux vacances, des aides sont possibles. 
Des projets de vacances accompagnés et préparés avec la participation active des individus ou des familles peuvent recueillir et mobiliser des cofinancements (activités destinées à collecter de l’argent) dont bien souvent ces personnes n’ont pas la connaissance. Ainsi, l’encouragement à la préparation d’un budget vacances en fonction des moyens de chacun (mise en place de l’épargne personnelle) permet la constitution en douceur de ce budget. Cette contribution financière des personnes concernées favorise l’appropriation du projet de vacances.

Deuxième objectif : lever le frein culturel

Les publics les plus fragilisés sont bien souvent démunis de « capital culturel vacances ». Ce manque de « culture-vacances » peut devenir un frein au départ : les personnes jamais ou peu parties en vacances ont du mal, hormis tout problème financier, à s'organiser pour partir par leurs propres moyens : elles ne savent pas où s'informer, ne connaissent pas les différentes formules de vacances et ce qu'elles recouvrent et ont besoin, pour concrétiser leurs projets, d'un accompagnement méthodologique pour construire leur projet ; Les personnes jamais ou peu parties sont parfois insécurisées à l'idée de partir pour la première fois en vacances et connaissent souvent des freins psychologiques au départ. Il est à ce titre important de rassurer et de sécuriser les candidats au départ qui pour certains, renoncent à leurs projets. Accompagner les personnes exclues, c'est lever les appréhensions liées à leur situation sociale : aide psychologique qui permet de se donner le droit d'avoir des projets futiles ou inutiles...

Les travailleurs sociaux et les bénévoles, un rôle essentiel

Le projet vacances est proposé avec le soutien d'animateurs et de bénévoles qui mettent en place des formules d'accompagnement des projets. Le rôle du porteur de projet, salarié ou bénévole, dépend du niveau d'autonomie de chaque famille pour auto-organiser son projet (choisir une destination de vacances, réserver un logement, mobiliser des cofinancements en cas de besoin, ...). La préparation du projet de vacances représente également un support d'animation socioculturelle intéressant, qui favorise sa dimension collective : la réunion de préparation du séjour de vacances constitue alors un moment attendu par les futurs vacanciers, qui dans ce cadre consolident le lien social sur le quartier. La phase de préparation du projet de vacances et / ou son contenu peuvent contribuer à renforcer le travail d'accompagnement social initié (soutien au renforcement des liens intrafamiliaux, initiation à l'autonomie...).

L'accompagnement pendant et après le séjour

L'accompagnement pendant le séjour n'est pas toujours nécessaire, et, en aucun cas, il ne doit être systématique. En règle générale, un référent désigné en amont assurera le bon déroulement du séjour. La phase de retour permettra de prendre appui sur la dynamique enclenchée pour envisager d'autres actions d'insertion (emploi, santé, logement, formation...). Le séjour fait l'objet d'un bilan qualitatif afin d'évaluer l'impact des vacances sur les publics fragiles. 

(1) Incitation au départ des non-partants, Conseil National du Tourisme, 2001
(2) Cf travaux de Vacances et Familles, ATD, Vacances Ouvertes, Secours Populaire Français, ...
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