Martin Hirsch : « Les vacances représentent un levier d'intervention particulièrement efficace »

Ancien président d'Emmaüs France et ex-Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch a présidé l’Agence du Service Civique de mai 2010 à novembre 2013.  Il revient sur le partenariat noué en mars 2012 avec l'Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV) pour permettre aux jeunes volontaires en Service Civique de bénéficier d'un séjour de vacances à tarif solidaire.

Chaque année, 150 000 jeunes arrivent sur le marché du travail sans formation, ni qualification*. En quoi les missions de Service Civique peuvent-elles les aider à s'insérer dans la société ?

Martin Hirsch – « Aucun jeune ne doit être laissé de côté. Tous peuvent s'engager comme volontaire, quels que soient leur parcours scolaire et leur niveau de qualification. C'est un principe fondamental du Service Civique. Pour les jeunes qui ont décroché, le Service Civique doit représenter un moyen d'acquérir une expérience, une formation ou encore d'accéder à de nouvelles connaissances. Depuis 2010, parmi les milliers de volontaires ayant effectué une mission de Service Civique, près de 18% sont issus des quartiers de la politique de la ville. Ces résultats prouvent que le Service Civique les intègre à part entière. Au-delà de ces chiffres, le Service Civique est une expérience humaine et sociale. S'engager au service d'une cause d'intérêt général constitue un bel exercice de citoyenneté.»

Quelles sont les différentes missions dans lesquelles les jeunes s'engagent en tant que volontaires en Service civique ?

Martin Hirsch – « Depuis le lancement du programme en 2010, ce sont plus de 22 000 jeunes qui se sont engagés au service d'une cause d'intérêt général. 24% ont un niveau inférieur au bac. Ces jeunes, âgés de 16 à 25 ans, ont choisi le domaine de la solidarité (28% des missions), de l'éducation pour tous (18%), de la culture et des loisirs (15%), de l'environnement (12,5 %) ou encore du Sport (8%). Les missions sont essentiellement réalisées au sein d'associations. »

Que représente pour vous ce partenariat avec l'ANCV ?

Martin Hirsch – « Ce rapprochement avec l'ANCV s'inscrit dans notre volonté de favoriser la reconnaissance de l'engagement de Service Civique. Permettre aux volontaires qui le souhaitent de bénéficier d'un avantage supplémentaire dans le domaine des loisirs est un moyen pour valoriser leur engagement.»

A qui s'adresseront les séjours de vacances mis en place avec l'ANCV ?

Martin Hirsch – Ces séjours sont proposés aux jeunes volontaires âgés de 16 à 25 ans par leur référent au sein de l'organisme d'accueil où ils effectuent leur mission (associations, ONG, collectivités territoriales, établissements publics). Ils auront accès à toutes les offres de séjours du programme Bourse Solidarité Vacances (BSV) géré par l'ANCV, en dehors des périodes de vacances scolaires. Grâce à ce partenariat, tous les volontaires vont pouvoir bénéficier d'un coup de pouce pour partir en vacances à l'issue de leur mission. »

Les vacances sont- elles pour vous un facteur de cohésion sociale ?

Martin Hirsch – Bien sûr et en particulier pour les jeunes. En effet, à l'âge où l'on rêve d'autonomie, d'affirmation de soi et de responsabilité, partir en vacances pour se ressourcer ou se remobiliser, a un impact réel. Parmi les volontaires, certains vivent dans un sentiment d'insécurité, lié peut être à des perspectives non avérées d'insertion professionnelle, voire sociale. Cela contribue à légitimer le besoin de répit, de temps pour soi, notamment les vacances. Du point de vue de l'insertion professionnelle, les vacances représentent un levier d'intervention particulièrement efficace, notamment en termes d'acquisition ou de renforcement de compétences transférables et de liens sociaux. »

* Rapport de la Commission de Libération de la Croissance Française, dirigée par Jacques Attali (2010)

 

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