Le Chèque-Vacances, un outil de solidarité

Obligatoirement mis en place sur la base de critères sociaux, le Chèque-Vacances constitue un outil de solidarité au service de la politique sociale du Comité d’entreprise. Il occupe aujourd’hui une place centrale dans les aides sociales et culturelles (ASC) des Comités d’entreprise (CE) et contribue à favoriser le départ en vacances des salariés aux revenus modestes. Un dossier pour faire le point, avec des témoignages de clients CE et le regard de Marie-Suzy Pungier, une personnalité qui a contribué au développement du Chèque-Vacances.

1/ Décryptage : le Chèque-Vacances, un outil social et solidaire
Emis par l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV), le Chèque-Vacances est devenu en trente trois ans un outil unique d’aide au départ en vacances pour les Français.  Aujourd’hui, 4 millions de Français en sont bénéficiaires, aussi bien dans les grandes que les petites entreprises, et dans les trois fonctions publiques (Etat, hospitalière et territoriale). Principaux clients de l’Agence, les CE du secteur privé l’ont adopté dans le cadre de leur politique sociale, le Chèque-Vacances occupant une place centrale dans leurs aides sociales et culturelles (ASC). 

2/ Témoignages de clients CE
- Aline Loret, secrétaire du CE SVA Jean Rozé (Groupe Société Vitréenne d’Abattage), 2 400 salariés, Vitré
- Nathalie Clément, trésorière du CE KingJouet, 700 salariés, Voiron
- Christian Garnier, membre élu au CE de Célia (groupe Lactalis), 490 salariés, Craon

3/ Grand témoin
Marie-Suzy Pungier : "Le Chèque-Vacances, un élément de justice sociale"
Militante de la première heure, Marie-Suzy Pingier a été administratrice au Conseil d’administration de l’ANCV de 1986 à 1999, puis secrétaire confédérale à FO en charge de l’économie. Elle a contribué à l’essor et au développement du Chèque-Vacances, qui reste, selon elle, un instrument de solidarité précieux, qui pourrait être davantage soutenu par les pouvoirs publics.

1/ Décryptage : le Chèque-Vacances, un outil social et solidaire

Emis par l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV), le Chèque-Vacances est devenu en trente trois ans un outil unique d’aide au départ en vacances pour les Français.  Aujourd’hui, 4 millions de Français en sont bénéficiaires, aussi bien dans les grandes que les petites entreprises, et dans les trois fonctions publiques (Etat, hospitalière et territoriale).

Principaux clients de l’Agence, les CE du secteur privé l’ont adopté dans le cadre de leur politique sociale, le Chèque-Vacances occupant une place centrale dans leurs aides sociales et culturelles (ASC). Obligatoirement mis en place sur la base de critères sociaux (revenu fiscal de référence, quotient familial), le Chèque-Vacances est apprécié par les CE pour animer la politique d’accès aux vacances, dans un souci de redistribution et de justice sociale dans l’entreprise. D’autant plus que lorsque sa mise en place se fait sous la forme d’un plan d’épargne sur plusieurs mois, avec un abondement du CE ou de l’employeur en fonction des revenus et du nombre d’enfants, le Chèque-Vacances remplit encore mieux sa mission car il permet aux salariés ou agents de la fonction publique, qui ont des revenus plus modestes, de se constituer un budget en douceur pour financer un futur projet vacances. Utilisable auprès de 170 000 professionnels du tourisme, le Chèque-Vacances a aussi l’avantage d’être une prestation sociale moderne, accessible à tous, offrant une liberté de choix et répondant bien à la demande des salariés.

De plus, en prenant du Chèque-Vacances, les CE et leurs équivalents dans la fonction publique, mais aussi les petites entreprises, contribuent, sans forcément le savoir, aux actions de solidarité de l’ANCV. En effet, les excédents de gestion dégagés grâce à la commercialisation du Chèque-Vacances, financent les programmes de solidarité mis en œuvre par l’ANCV pour toucher des publics démunis, souvent éloignés des vacances : les jeunes, les familles, notamment monoparentales, les personnes en situation de handicap et les seniors. Ces actions de solidarité rendues possibles grâce au Chèque-Vacances touchent chaque année plus de 230 000 personnes. Une raison de plus qui milite en faveur du Chèque-Vacances comme outil de solidarité !

2/ Témoignages de clients CE

Aline Loret, secrétaire du CE SVA Jean Rozé (Groupe Société Vitréenne d’Abattage), 2 400 salariés, Vitré

 

Pouvez-vous nous présenter les activités de votre entreprise ?
La SVA Jean Rozé est une société d’abattage et de commerce en gros de viandes, implantée dans l’ouest. Adossée au Groupement des Mousquetaires, elle compte aujourd’hui parmi les principaux opérateurs du marché français de la viande. La maison mère est située à Vitré (Ille-et-Vilaine), qui comprend également un abattoir moderne. Sur Vitré, nous sommes 1300 salariés, en majorité des ouvriers et des employés. Notre cœur de métier consiste à abattre, désosser, découper et livrer en morceaux des animaux de boucherie (bœuf, veau, agneau, cheval).

 

Quelles sont les conditions de travail dans l’abattoir de Vitré ?
Les ouvriers, qui forment les 2/3 de nos effectifs à Vitré, sont confrontés au bruit, au froid, à l’humidité et à l’odeur de la triperie. Abattre, découper puis désosser les bêtes, malgré toute la technologie, constituent des tâches ingrates et répétitives. Les ouvriers démarrent avec un SMIC amélioré.

Quel rôle joue votre CE auprès de ces salariés ?
Nous avons un seul CE pour l’ensemble du groupe SVA, nous représentons 2 400 salariés (3 sites d’abattage et 12 dépôts répartis sur toute la France). Nous nous attachons principalement aux œuvres sociales, à proposer des vacances, de la billetterie, des spectacles, des voyages. Nous avons opté pour le Chèque-Vacances pour faciliter le départ en vacances de ceux qui gagnent le moins. Nous avons mis en place l’épargne en Chèque-Vacances sur 10 mois. Les ouvriers sont ceux qui sont les plus aidés, avec une participation du CE allant jusqu’à 110 euros, à laquelle s’ajoute 30 € pour tous d’abondement de la Direction. L’épargne peut atteint ainsi 540€ par ouvrier, par an.

Pourquoi avoir opté pour le Chèque-Vacances ?
Nous sommes très attachés aux vertus de l’épargne en Chèque-Vacances. Les salariés les plus modestes peuvent se constituer un budget pour partir en vacances sans trop s’en apercevoir. Nous distribuons du Chèque-Vacances depuis maintenant plus de 10 ans car c’est un outil de solidarité qui s’inscrit bien dans la politique sociale de notre CE.

Nathalie Clément, trésorière du CE KingJouet, 700 salariés, Voiron

Kingjouet est l’un des leaders européens de la distribution de jeux et jouets. La filiale française, dont le siège se trouve à Voiron, compte 144 magasins. La majorité des salariés sont de jeunes vendeurs qui touchent de petits salaires, ils apprécient d’autant plus les Chèques-Vacances. Leur travail est assez physique : ils déchargent les marchandises, sont chargés des les mettre en rayons et ont un rôle de conseil pendant la vente. Nous distribuons du Chèque-Vacances depuis 15 ans. Nous avons commandé en 2015 environ 90 000 euros de Chèques-Vacances, ce qui représente 70% du budget de notre CE. Les retours sont toujours très positifs : ils sont devenus un acquis social, les salariés y sont très attachés, c’est primordial ! Plus de 400 salariés sur 700 prennent du Chèque-Vacances chaque année. Nous avons choisi une mise en place sous forme d’épargne pour favoriser la constitution d’un budget vacances, avec un montant de 700 euros par salarié et par an (200 euros d’abondement du CE pour les employés, 150 pour les agents et 100 euros pour les cadres).

Le Chèque-Vacances est un outil de solidarité unique pour favoriser le départ en vacances. Nous y sommes très attachés, explique Nathalie Clément

Christian Garnier, membre élu au CE de Célia (groupe Lactalis), 490 salariés, Craon

Célia CRAON appartient au groupe LACTALIS, devenu le premier groupe laitier mondial et le premier fromager européen, présent aujourd’hui dans 148 pays. La Société Celia est spécialisée dans la nutrition infantile et les produits fromagers. Sur le site il y a une  unité de fabrication de produits infantiles (poudres pour bébé) et une unité fabrication de fromages (Marque «  Chaussée aux Moines »), situées dans la Mayenne, à 35 kilomètres de Laval. L’entreprise reste encore à taille humaine, environ 490 salariés, dont 296 sont bénéficiaires de Chèques-Vacances sous la forme d’épargne sur 12 mois.

Le Chèque-Vacances procure plusieurs avantages :

C’est d’abord et avant tout un véritable outil de redistribution en faveur de tous les salariés. Il nous permet de toucher directement toutes les  populations, travaillantes et votantes dans nos usines, explique Christian Garnier.

En raison de leur faible revenu certains jeunes sont  orientés vers d’autres centres d’intérêt (acquisition de maison et de la technologie) et ces mêmes  jeunes ne partent pas souvent en vacances. Grâce au système d’épargne Chèque-Vacances, ils peuvent se constituer un petit budget qu’il destine pour  les vacances et les loisirs (120 euros par an et par salarié, avec un abondement du CE qui varie en fonction du statut dans l’entreprise (90 euros pour les ouvriers, 80 euros agents de maitre, 60 euros pour les cadres).

Le Chèque-Vacances sert à créer du lien social dans l’entreprise autour des souvenirs de vacance partagés autour de la machine à café  ou dans les salles de repos de l’usine. Il contribue indirectement à mieux faire connaître les actions du CE, et permet de fidéliser les salariés. C’est aussi la volonté d’hommes et de femmes souhaitant s’investir pour des actions justes et équitables pour tout le monde. La remise du chéquier constitue un moment d’échange privilégié et de reconnaissance des salariés, qui voient avec fierté leur nom sur les Chèques-Vacances.

Enfin, la notoriété et à la réputation du Chèque-Vacances jouent en sa faveur : c’est un titre de paiement reconnu, sécurisé, protégé et qui jouit d’un capital sympathie. Sa gestion est aussi transparente. Aujourd'hui près de 60% des salariés prennent du Chèque-Vacances pour un budget  CE de 30 000 euros par an. Notre objectif est d’atteindre 10% d’adhérents supplémentaires chaque année. En 2015-2016, nous ouvrons le droit aux Chèques-Vacances aux apprentis, aux contrats précaires (CDD, contrats de génération). Nous allons poursuivre notre action.

3/ Grand témoin

Marie-Suzy Pungier : "Le Chèque-Vacances, un élément de justice sociale"

Militante de la première heure, Marie-Suzy Pingier a été administratrice au Conseil d’administration de l’ANCV de 1986 à 1999, puis secrétaire confédérale à FO en charge de l’économie. Elle a contribué à l’essor et au développement du Chèque-Vacances, qui reste, selon elle, un instrument de solidarité précieux, qui pourrait être davantage soutenu par les pouvoirs publics.

En quoi le Chèque-Vacances constitue-t-il un outil de solidarité unique ?

Dès sa création, en 1982, le Chèque-Vacances a pour vocation d’aider les salariés aux revenus très modestes. Dans l’ordonnance du 26 mars 1982, portant création des Chèques-Vacances, les termes sont explicites : « créer un système à la personne pour les salariés les plus défavorisés ». A l’époque, le Chèque-Vacances est réservé aux salariés ne payant pas plus de 1000 francs français de cotisation d’impôts par an. L’objectif était de venir en aide aux ouvriers et salariés modestes, ne partant jamais en vacances, faute de moyens. Le Chèque-Vacances faisait le lien entre les partants et les non-partants, dans un souci de justice sociale et de solidarité. Il faut reconnaître que la politique économique était à ce moment là clairement redistributive.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du Chèque-Vacances ?

Aujourd’hui, le taux de non-partants n’a pas changé : nous sommes toujours autour de 40% de ménages qui ne partent pas. Même si le Chèque-Vacances a contribué à faire partir le plus grand nombre en vacances, il y a encore de fortes marges de progression, notamment pour développer le Chèque-Vacances dans les petites entreprises.

Quel avenir voyez-vous pour le Chèque-Vacances ?

Pendant un certain temps, la locomotive du Chèque-Vacances a été la fonction publique. Aujourd’hui, l’avenir du Chèque-Vacances se joue sur le terrain des petites entreprises et, bien sûr, des comités d’entreprise. Le contexte économique et social actuel, qui voit les marchés et la finance s’attaquer aux droits sociaux et aux salariés,  avec une baisse du pouvoir d’achat, ne peut être que favorable au développement du Chèque-Vacances. Il faut que les pouvoirs publics repartent en campagne et soutiennent davantage les Chèques-Vacances. Il ne faut pas oublier que le Chèque-Vacances contribue aux politiques publiques de solidarité et constitue une cause nationale : favoriser le départ en vacances du plus grand nombre. »

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