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Comment de simples chèques vacances peuvent changer des vies

« Pour moi les vacances c’est surtout l’occasion de sortir de Paris pour voir la nature, découvrir la mer, la montagne. J’aime changer d’air ! » Comme tout un chacun Antonin  a besoin de souffler après une longue année de travail. L’été dernier,  il a pris un grand bol d’air à Brives-la-Gaillarde et pour lui ce fut un dépaysement total.  Il a troqué le métro pour des randonnées en pleine nature et les collègues de boulots pour de nouvelles rencontres. « Je pars seul, mais je suis toujours bien entouré parce qu’il y a toujours des gens sympas pour venir me parler, j’aime bien rencontrer des nouvelles personnes. Et puis la nourriture est bonne, on y mange bien ! » Etre dépayser, faire de nouvelles rencontres et bien manger est souvent l’équation idéale de vacances réussies pour M. Tout-le-Monde.  Sauf que contrairement à M. Tout-le-Monde, Antonin a plus de difficultés à partir en vacances.  Ce jeune parisien bénéficie d’un accompagnement en ESAT , un établissement médico-social qui permet aux travailleurs handicapés d’exercer une activité professionnelle en accord avec leurs capacités personnelles.

Tout le monde a le droit de ‘’ buller à la mer’’

L’un des plus gros freins au départ est culturel, ces personnes se disent souvent que les vacances « c’est pas pour moi » ou que « c’est trop compliqué avec un handicap ». Quand on n’a pas eu une culture de vacances, partir ailleurs ne vient même pas à l’idée. Et pourtant, comme tout le monde, les travailleurs handicapés ont besoin de se reposer le corps et l’esprit. «Ils ont aussi besoin de buller à la mer ou à la montagne comme tout le monde. Et le fait de voir d’autres personnes comme eux partir en vacances, cela incite les plus frileux à sauter le pas. » Explique Noëlle Pirony, Conseillère technique Loisirs Culture jeunes chez APF France handicap. Pourtant encore deux tiers des travailleurs d’ESAT ne partent pas régulièrement en vacances, c’est-à-dire au moins une année sur deux.

Noëlle Pirony accompagne les ESAT sur les Projets  Vacances.  Le programme d’Aide aux Projets Vacances est un dispositif public mis en place par le Comité national Coordination Action Handicap et l’Agence Nationale pour les Chèques Vacances. En 10 ans, ce programme a permis à 13 000 travailleurs handicapés de partir en vacances. Ces travailleurs sont accompagnés sur leur lieu de travail dans la construction de leurs vacances, ce qui constitue pour eux un projet pédagogique et éducatif  à part entière. « Tout le monde ne sait pas forcément organiser des vacances. Pour certains, ne serait-ce que le choix de la destination peut prendre plusieurs mois. Et puis  cela signifie aussi sortir de leur contexte familial, ça peut faire peur. » Rappelle Océane Gross, conseillère en économie sociale et familiale dans un ESAT parisien.  Les travailleurs en ESAT ont  besoin d’être accompagnés pour le choix du séjour, la préparation, le budget et l’épargne à mettre en place.

De vacanciers à autoentrepreneurs, comment les vacances peuvent changer la vie

Une fois les barrières psychologiques levées, l’autre grand frein aux départs en vacances des travailleurs handicapés reste le budget, d’autant plus que les vacances leur coûtent plus cher. En effet, en  tant que personnes en situation de handicap, ces travailleurs ont besoin de structures adaptées et de personnels accompagnants pour pouvoir partir en vacances, et cela à un coût. Entre un petit salaire – entre 55% et 110% du SMIC en ESAT -  et un budget vacances supérieur à la moyenne, il est difficile financièrement pour un travailleur handicapé de partir.

Pour palier à cela, le programme d’Aide aux Projets Vacances donne un coup de pouce financier. En collaboration avec l’ESAT, l’addition des vacances est partagée en trois : l’épargne mise en place avec le travailleur, un abondement de l’ESAT et enfin les Chèques Vacances. Ce coup de pouce est loin d’être négligeable pour les travailleurs en ESAT : « Grâce aux chèques vacances, j’ai pu payer mon billet de train. Sans cette aide, je ne pourrais pas partir tous les ans, il faudrait économiser 2, parfois 3 ans. » Le grand avantage de ce programme, c’est la certitude d’obtenir l’aide escomptée. Contrairement à d’autres dispositifs, l’APV semble plus sûr à obtenir car si la personne remplie bien les critères, l’aide lui est quasiment toujours accordée.

Le programme d’Aide aux projets vacance est simple, efficace et transforme la vie des travailleurs en ESAT.  En plus des effets immédiats – changer d’air, revenir au travail plus détendu, partager des souvenirs avec les autres – les vacances sont pour certains d’entre eux  le premier pas vers une plus grande autonomie, voire même un changement de vie. Noëlle Pirony a vu certains des jeunes qu’elle a accompagnés, quitter l’ESAT pour devenir autoentrepreneurs : « En partant en vacances, ils se rendent compte qu’ils sont plus autonomes et capables  qu’ils ne le pensaient. Cela leur donne beaucoup de confiance en eux. »

Quant à Antonin, il part cet été prendre un grand bol d’air en Sologne où il a hâte, dit-il « de se baigner dans la piscine et de faire de la randonnée. »

Le vacancier type du programme d’Aide aux Projets Vacances  est :

  • Un homme
  • De plus de 40 ans
  • Avec un handicap mental et psychique
  • Qui part en France
  • Il aime les plages de Bretagne et Côte d’Azur
  • Qui a un budget moyen de  1 515 euros dont 316 euros en Chèques Vacances

Quelques chiffres clés

74 % C’est le nombre des usagers d’ESAT qui  ne pourraient partir en vacances sans le programme APV.

10 ans d’Aide aux vacances c’est :

  • 16 813  départs en vacances financés
  • 13 000  vacanciers d’ESAT
  • 4.8 M euros  dépensés par les travailleurs et injectés dans l’économie

 

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